mardi 16 avril 2013

ETAPE 12 - TIFFOULTOUTE ou QUAND LA REALITE VOUS RATTRAPPE - Mardi 16 avril 2013

Nous redescendons périlleusement de nos rochers de Talmasla et remontons dans notre Hyundai.
La fraîcheur du matin s'est évaporée. Le Hyundai s'est transformé en four à méchoui pendant notre visite !
Mais peut importe, cap maintenant sur la CASBAH DE TIFFOULTOUTE.

La visite est attendue avec impatience, car résonne dans les oreilles de la Company l'anecdote maintes fois racontée par Maman, et qui soudain va prendre réalité ... Aux temps jadis, où Maman avait l'âge de Bohémond, peut-être d'Eléanor, au cours d'une petite virée dans le Grand Sud, arrêt obligatoire à Tiffoultoute. Maman se rappelle de cette belle casbah, se dressant fièrement sur son éperon rocheux, dominant la palmeraie à ses pieds. Maman se rappelle aussi qu'à son habitude, elle sort de la voiture dans ses chaussures, et qu'avec tonton Jean-Ba (enfin qui n'était pas encore tonton mais bon !) et Tatie Blandine (qui n'était pas encore Tatie, mais bon !), ils se précisent dans la palmeraie, sautant les petits canaux d'irrigation et s'amusant follement. Restés en bord de route, Grand-Père et Bonne-Maman tout à coup se mettent à crier. Bonne-Maman crie le plus fort, fait de grands gestes, gesticule dans tous les sens ! Insouciants, Maman, Tatie Blandine et Tonton Jean-Ba batifolent allègrement. Finalement, ils remontent vers Bonne-Maman en s'interrogeant sur la curieuse attitude de Bonne-Maman ...
Le fin mot de l'histoire est qu'on ne se balade pas nus pieds sur les troncs de palmiers car s'y cachent de petits aspics à la morsure fulgurante.

En arrivant sur Tiffoultoute, l'air de rien, chacun vérifie ses chaussures, et Papa et Maman troquent leurs tongues contre des chaussures plus fermées !

Mais point ne sera besoin des chaussures. Maman reçoit un terrible choc. Où donc est passée la délicate casbah posée sur son piton rocheux ?  QUe reste-t-il de la palmeraie qui paressait à ses pieds ?



Certes 5 longues années de sécheresse sont passées par là.
Certes la casbah a été . . . restaurée ?
Mais qu'est-ce donc que cet horrible pylone ?
Que sont des ces antennes paraboliques blanches qui fleurissent sur le toit des casbahs ?

Quand le modernisme rencontre le passé, le choc est parfois terrible . . .


Finalement, Maman se concentre très fort. Avec un peu d'effort, l'ancienne Tiffoultoute réapparaitra-t-elle ?
Hélàs, non, la ruine menace aux côtés des antennes satellites. Tristesse . . . tristesse . . .
D'aucuns diraient " c'est dur de grandir" ?

ETAPE 11 - DES KSOUR ET DES CASBAHS - Mardi 16 avril 2013

Pas beaucoup de kilomètres pour ce mardi. 
Nous restons dans un périmètre d'une trentaine de kms de Ouarzazate pour découvrir les casbahs et ksour des environs.

La Company va devoir apprendre à faire la différence entre un ksar et une casbah.
Tout un programme, n'est-il pas ?!

Commençons simplement.
Aux temps anciens, grosso modo jusqu'à l'établissement du Protectorat, un ksar (pluriel ksour) et une casbah étaient le siège du pouvoir local. Y étaient établi l'amghar (le chef de tribu), le caïd (qui représentait le sultan). 
Le ksar et la casbah sont fortifiés, isolés et sis sur une position dominante pour assurer le contrôle les oasis et leurs voies d'accès, servaient de points de ravitaillement pour les habitants du désert, défendaient les caravanes contre les brigands et les pillards nomades.

Ca, c'est facile à comprendre, et la Company l'a bien assimilé : ksar ou casbah = château fort.
Le raccourci est peut-être un peu rapide, mais  explicite !

Mais qu'est-ce qui  fait la différence entre un ksar et une casbah ? 
C'est la grosse question, et la plus délicate !
Encore une chose qui les rapproche, l'architecture et les techniques de construction.
Les deux sont faites d'adobe et de pisé, ceints d'épais remparts ponctués de 4 tours d'angle ornées de merlons en épis et décorées de motifs berbères. On y trouve aussi un ighrem (aussi appelé agadir), c'est-à-dire un grenier collectif, sorte de haute tour comportant de petites cellules fermées à verrous attribuées aux différentes familles du ksar ou de la casbah, et où elles conservaient leurs récoltes. 
Ces constructions se rapprochent beaucoup des constructions yéménites sans qu'encore aujourd'hui, historiens et archéologues puissent expliquer cette similitude . . . 

Alors ? Qu'est-ce qui différencie une casbah d'un ksar ?
Une casbah est la demeure d'une cellule familiale.
Un ksar est un village fortifié qui peut regrouper plusieurs casbahs et diverses habitations. Il abrite aussi  des étables, des puits, une place de souk (marché), une salle de réunion de la Jmaâ (assemblée des chefs de familles), une mosquée, parfois une medersa . . .

Ça à l'air simple finalement. Mais confronté aux exemples grandeur nature, ça devient plus difficile.

Application immédiate donc !

TALMASLA à peine à 3 kms de Ouarzazate
Casbah ou ksar ?
La Company sèche un peu. Normal, c'est le premier exemple grandeur nature.
Elle est en plus stupéfié de l'état général du monument, très dégradé, et fascinée par les cigognes . . .

La réponse ne vient pas et la Company a droit à une petite piqûre de rappel !
Là, miracle, elle trouve la réponse ! Talmasla est une  . . . CASBAH !
Maintenant, elle peut se concentrer sur les cigognes ! C'est d'ailleurs pas pour rien qu'on l'appelle "la Casbah des Cigognes" !



Que les nids sont gros !
Ils font pas loin d'un mètre de diamètre. 
Nous escaladons les ruines pour pénétrer dans la casbah. Les enfants sont un peu dégoûtés : les abords sont un vrai dépotoir, on y trouve de tout, et ils préfèrent ne pas s'y attarder, d'autant que la chaleur monte déjà et que les odeurs se réveillent . . . Il faut faire aussi très attention, des tessons de bouteilles jonchent le sol, et pour Maman et Papa qui sont en tongues, le challenge est réel !

Deux jeunes hommes surgissent tout à coup de nul part.
Ils nous proposent de nous montrer les cigogneaux qui sont dans les nids. La company trépigne, mais Maman congédie gentiment les deux jeunes hommes. Si cigogneaux il y a, on ne les dérange pas dans leur nid, et d'un. Et de deux, ça évitera de se faire réclamer des dirhams ! Les garçons nous collent un peu puis subitement, disparaissent comme ils étaient venus.



La Company est effarée. La casbah fond littéralement. Et ce pan de mur qui penche dangereusement ne sera certainement plus là la prochaine fois que nous viendront voir la Casbah des Cigognes (car il est maintenant clairement établi que nous reviendrons tous ensemble au Maroc!!!). Sans attendre notre prochaine venue, ce mur ne devrait pas survivre aux prochaines pluies . . .


Le sourire est sur les lèvres, mais chacun invite la photographe à se dépêcher de prendre ses photos, les odeurs sont terriblement nauséabondes, et la Company se plaint de ne pas être sure de pouvoir garder son petit déjeuner bien longtemps dans son estomac si la pose dure trop longtemps !!


Bohémond s'amuse, "je suis trop grand !!"


Ysoie n'a pas encore ce problème, mais crispe un peu son sourire "vite maman !!!"


Notre Guyonne aime poser, peu lui chaut les mauvaises odeurs !


Les autres l'ont fait, Cyprille ne faillit pas à la tâche !


Antheaume lui, a trouvé la solution, "je me mets dehors", les odeurs sont moins fortes !


Solution adoptée par Eléanor, pas folle la gazelle !!!


Et comme il n'y a pas de raison à ce que Papa et Maman ne se réjouissent pas un peu les narines dès poltron-minet, Bohémond s'empare de l'appareil ! "Depêche-toi photographe, c'est atroce !!!"


Nous avons grimpé aussi  haut que nous le pouvions sans danger et pour la casbah et pour nous-même !
La vue est somptueuse.

Au loin, Ouarzazate. Et la company d'imaginer . . . qu'aux temps où les bêtes parlaient (c'est ainsi que commencent les contes berbères !), aux temps où Ouarzazate n'était qu'un tout petit souk occasionnel avant que les militaires français viennent y établir garnison, le fier amghar (chef de tribu) de Talmasla veillait sur son oasis et sa piste caravanière.


Vue imprenable sur la palmeraie. 




Pendant que la Company rêve, la vie s'active dans la palmeraie.
Ce berbère sur son âne s'en va cueillir de la luzerne dans son carré de culture plus bas dans l'oasis. Ses biquettes et ses brebis, non loin dans l'enclos de sa maison, doivent s'agiter en attendant leur pitance.



Cette berbère elle, revient déjà de la palmeraie. Les enfants s'interrogent. A quoi servent donc ces palmes que son âne transporte ? Puis ils se souviennent d'Amazraou . . . ah oui, ces palmes serviront à la confection de plafonds, de palissades, de nattes ou tout simplement de combustible pour cuire le tagine !


Et dans les champs, les femmes reviennent déjà, courbées sous la charge . . .


Repéré ! Au loin, les yeux d'aigle de nos guerriers berbères ont repéré une autre casbah . . . ou . . . un ksar ?
A cette distance, on dira simplement que c'est difficile à déterminer !




Une autre casbah est repérée ... Un autre ksar ?
Cette fois, c'est avec tristesse que la company imagine l'état de la Casbah des Cigognes dans quelques année



lundi 15 avril 2013

ETAPE 6 - DU RIFIFI DANS L'OCEAN - samedi matin 13 avril 2013

L'appel de l'Océan n'attend pas. 
Il n'est encore que 8h15 que la Company déferle sur l'immense plage de Sidi Kaouki.
Même les mouettes ne sont pas encore bien réveillées !
Il faut chercher la mer bien loin ce matin, car la marée est basse. 


La hauteur et la force des vagues (et aussi il faut le dire, la fraîcheur de l'eau !) dissuade les filles d'aller plus avant ... d'ailleurs, Bohémond, ce matin, tente une nouvelle exploration ... quels mystères peuvent bien receler ces rochers ?


Le voilà parti à l'aventure, bientôt rejoint par son nouveau copain, un bâtard berbère un peu pelé et très craintif. Rien à craindre du côté des mollets, c'est plutôt le chien qui détale en rampant et en pleurant dès qu'un enfant fait un pas vers lui ...


Le champion des châteaux de sable. Antheaume s'en donne à coeur joie


L'idée de Bohémond a séduit les filles, Ces rochers cachent toutes sortes de coquillages, de petits creux abritant des creveuttes et autres tétards. Le chien semble plus attirée par Cyprille, qui se retient de le carresser. Son pelage tout pelé ne m'inspire guère confiance, et je n'ai pas trop envie que la Company récupère ses puces et autres charmantes bestioles du même acabit !
Les rochers sont sympas, mais sans les chaussures adaptés, vraiment trop coupants pour leurs délicates plantes des pieds de petits citadins !


Bohémond et au loin le Cap Sim


Cyprille en symphonie de rose sur fond bleu atlantique !


Eléanor toujours aussi souriante et déterminée, égale à elle-même quoi !


Finalement, tout le monde se retrouve autour d'Antheaume
Mais construire un château sur "du sable mouvant" comme ils disent n'est pas à la portée du premier architecte venir tout CLG soit-il !! 
Les constructions s’effondrent à mesure qu'elles s'élèvent. Mais pas question d'aller vers un sable moins humide, c'est trop génial de se faire lécher les pieds par les vagues qui viennent mourir sur la grève ...



Ysoie y met beaucoup de coeur mais le résultat n'est pas spectaculaire !


Non loin de là, scènes de la vie quotidienne


L'air marin ayant les mêmes vertus partout, il faut bien remplir les estomacs qui crient famine! Quelques brochettes au KAOUKI. 
les enfants sont subjugués par la gentillesse de l'accueil que nous recevons à chaque fois dans les restaurants. Pourtant, à chaque fois, il faut déplacer des tables, puis des chaises, dans un grand désordre  avant de s'installer.
Heureusement, pour le reste, nous sommes rôdés. Chacun étudie la carte, mais c'est Maman qui propose, et note sur son Travel Book les souhaits de chacun. Ca évite les embrouilles et les oublis ! Ca permet aussi surtout de contrôler que les envies de chacun n'éxploseront pas le budget !


Le soleil tape fort. Mais pas question de ne pas en profiter, même si au bout d'un moment, on se sent aussi cuit que les brochettes que l'on déguste !




Depuis le Kaouki, nous apercevons notre hôtel, au milieu. Et un Grand Taxi  bleu d'Essaouira.


Rien d'original à trouver un âne et un dromadaire sur la plage, à Sidi Kaouki !!


La place de Sidi Kaouki, avec notre restaurant


Nous craquons tous pour cette plage de Sidi Kaouki, mais il y a de quoi, pas vrai ?!!!!!

dimanche 14 avril 2013

UN PEU DE RETARD . . . dimanche 14 avril au soir

Je n'arrive pas à suivre !
Samedi matin, les enfants s'ébattant dans l'océan sous l'oeil vigilant de leur père, je remonte à l'hôtel pour avancer un peu dans le blog. 
Impossible de me connecter. Je trafique et je bidouille jusqu'à ce que l'ordinateur me demande sa batterie. Je le branche et tout à coup, trou noir . . .

Je ne panique pas (enfin presque pas !), je le laisse reposer un peu mais l'ordinateur ne se rallume pas.

Je redescends à la plage, Laurent remonte, ausculte l'ordinateur, mais sans plus de succès que moi . . .

Le fin mot de l'histoire ...
un convoi très très exceptionnel transportant une énoooooorme citerne, venant d'Agadir et se rendant en Mauritanie  (ça me paraît bizarre comme itinéraire, mais c'est que le serveur du restaurant où nous avons mangé nos sanwiches de brochettes nous a raconté que lui a raconté le gendarme du poste  de police de Sidi Kaouki) la tout simplement arraché tous les fils éléctriques sur son passage, et Sidi Kaouki est resté sans électricité toute la journée ! 

Nous sommes donc désormais officiellement en décalé !

Mais ça n'est pas une raison pour souhaiter à Maya un très joyeux anniversaire ainsi qu'à Daï, accompagné de nos voeux de bonne patience pour un long . Nous avons vu du kit-surfing sur la place de Sidi Kaouki. De l'avis unanime des enfants, ça devrait plaire à Daï, et ça semble quand même moins risqué que le ski dans l'Oregon !!


(Petit message perso d'Eléanor à Dai !!!)

ETAPE 10 - ZAGORA LA PERLE DU DESERT - Lundi 15 avril 2013







Strategically placed at the confluence of three rivers (oueds), Ouarzazate has had a military presence since the Almohad period. In the late 19th century, the kasbah came under control of the Glaoui family, who used it as a power base to develop their control of the South. In 1926, the first airfield was built, and in 1928 a regular French military garrison was installed. Ouarzazate was henceforth the main administrative town for the region, the nerve centre for the Lyautey method of expanding French influence into tribal areas. Today, Ouarzazate is a solid, if sleepy, little town. 

The immediate vicinity of Ouarzazate is since Lawrence of Arabia was filmed at Aït Ben Haddou, the region, close to mountains and desert, has been often used as a film location (Gladiator, Kundun, The Last Temptation of Christ, Babel, Alexander the Great).

Premier petit déjeuner à l'hôtel Zaghro.
Ce matin, nous l'avons compris, une fois franchi le pont sur l'oued Ouarzazate en direction de Zagora, on n'est plus à Ouarzazate, mais à Tabount. Notre hôtel est donc à Tabount ! Ceci dit, même si on l'avait su hier, nous n'en n'aurions pas trouvé notre hôtel plus rapidement !!


Le fameux jus d'orange régale notre petit déjeuner, mais ici, hélas, point de msemmem, ces crêpes marocaines dont nous nous sommes régalés à Sidi Kaouki. En revanche, nous avons pour agrémenter notre kesra ou nos pains au chocolat du miel d'acacia ... 


La piscine nous tend les bras, mais ce matin, nous lui préférons le petit déjeuner. Nous nous promettons d'y piquer une tête ce soir, en revenant d'excursion.





Au programme de cette journée, la vallée du Draa.

"Dieu a créé des pays pleins d'eau pour que les hommes y vivent et des déserts pour qu'ils découvrent leur âme". 

                                     Proverbe Touareg

La vallée du Draâ
Zagora - Amazraou - Tamegroute
The Draa Valley is known as the Country of the Dates, and is very dryer. Coming from the High Atlas, the Oued Draa cuts a deep channel between the Jebel Saghro and the Anti Atlas Mountain ranges, through a series of steep canyons famous to their cliffs of green and black rock.
     The inhabitants of the Draa Valley are a mixture of Arab, Berber, Jew and the descendants of Mauritanian slaves. Under constant attack from pillaging nomads, they clustered together in fortified villages called ksour, surrounded by their patchwork blanket of fields and palm groves. Like tiny city-states, the still thriving communities built everything vital to life within their protective walls.


Il est 8h10, et il fait déjà 34°c.
La première partie de la route, Ouarzazate - Agdz est la plus aride.
La company découvre un  paysage lunaire, complètement désertique. Le premier qui voit un troupeau de biquettes brouter gagne . . . un bisou ! Jusqu'à Agdz, personne n'a remporté le bisou maternel !
Pas âme qui vive, personne au bord de la route pour vendre des cailloux ou autres bijoux berbères.
La route tournicote dans tous les sens, grimpe dur, et les enfants s'amusent des camions que nous croisons qui entassent sur leur toit un double chargement. Laurent lui, se demande comment ils ne se renversent pas dans les virages ! Il est encore tôt, et pas grand monde ne descend. Tout le monde semble monter, comme nous. 




Tout à coup, surprise, on aperçoit un village. 






Nous avons passé le col de Tiniffitt (1660m). Les montagnes sont sans fin, Mais au détour d'une épingle à cheveux, alors que s'offre un magnifique point de vue, sur un petit terre plein, un berbère, vend des bijoux, des minéraux, des dattes. Il nous laisse prendre la photo sans broncher. Il est en train de s'installer. Accroupi, il dispose dans un ordre que lui seul connaît, ses trésors. Il n'est pas encore prêt pour le client, et sans attendre notre reste, nous remontons en voiture !




Peu à peu, le paysage change.
Nous découvrons l'oued Draa et ses oasis. La première casbah,  maison fortifiée comportant 4 tours, jaillit deson écrin de palmiers.




Mais le Reg ne nous lâche pas si facilement. L'aridité et les rochers résistent.


Zagora est encore une petite cité, mais nous avons droit néanmoins à quelques kilomètres d'une grande avenue avant d'arriver dans le centre ville.
Evidemment, Maman ne reconnait pas Zagora, mais c'est normal ! Elle ne sait plus quand elle y est venue, et elle ne veut même pas calculer !
La company étant assoiffée et réclamant de l'eau fraîche, nous nous arrêtons pour acheter de la Sidi Ali bien fraîche. Nous en profitons pour embaucher un Berbère qui nous guidera à Amazraou.

Amazraou (prononcer Amzrou)
Le ksar (réunion de plusieurs casbahs et habitations dans des murailles fortifiées) est aujourd'hui occupée par des DRAOUI, nomades originaires du Mali. La ksar avait un mellah, quartier juif, où habitaient 30 foyers. Les Juifs étaient soit bijoutiers, soit bourreliers (ils fabriquaient des selles de chameaux et des bâts) Au milieu du 19ème siècle, lorsque s'éteint le commerce caravanier, les Juifs quittent la vallée où ils étaient présents depuis le 1er siècle après Jésus Christ.


Une rue couverte, très fraîche quand les températures extérieures grimpent. L'entrée de plusieurs demeurent y donnent. 


Même si tout autour de l'habitat, les nouveaux quartiers poussent comme des champignons, dans l'anarchie la plus totale, le ksar reste habité par quelques familles. L'éléctricité y est arrivée  et . . . des fils éléctriques ont fleuri anarchiquement. Les femmes berbères sont habillées pour sortir d'un grand haïk noir qui les protège de la chaleur.


Le Mellah qui, depuis le départ des Juifs, fond petit à petit.



 





Les fenêtres protégées par des grillages. Ainsi, les femmes cachées derrières les fers forgés, pouvaient observer ce qui se passaient dans les rues sans que quiconque ne les voient . . .



Avec notre guide à la porte de sortie d'Amazraou.
On ne peut entrer dans le ksar que par la porte du haut, et en ressortir obligatoirement par la porte du bas. La nuit, les deux portes sont fermées, plus personnes ne peut pénétrer dans le ksar.



Franchie la porte du ksar, nous arrivons dans la palmeraie. 
Les affaires se corsent. Oubliée la fraîcheur des ruelles de la casbah ! Le soleil cogne fort, et le guide marche d'un pas énergique. Nos trois berbères sous leurs chèches vont gaillardement, et les filles transpirent à grosses gouttes et suivent non moins gaillardement !
Maman est à la traîne, comme d'habitude !
Sa tendance naturelle à marcher lentement ajoutée au recul nécessaire pour les photos, n'arrangent pas les choses. Les enfants n'aiment pas la savoir derrière. Tacitement, ils s'arrangent pour que Maman ne soit jamais toute seule, et quand l'écart se fait trop grand, il y en a toujours un de la tête pour ralentir à son tour et rester derrière pour guetter que Maman et son ange gardien suivent bien le bon chemin et rattrape le reste de la company !



Nous suivons les sentiers qui suivent les canaux d'irrigation. 


Un champ de luzerne. La palmeraie se partage en parcelles, chacune close d'un mur et fermée d'une porte cadenassée. La luzerne, le blé, le maïs, l'orge, l'avoine mais aussi des fèves, des pois, des carottes, des navets et des courgettes y sont cultivés.






La palmeraie débouche sur les dunes. 
Du haut de cette dune s'offre un somptueux point de vue, le bivouac des caravanes transsahariennes des temps jadis. C'est là qu'elles faisaient étapes avant de poursuivre soit sur Marrakech soit vers le désert . . . et Tombouctou


Le sable était si brûlant que seuls ceux qui avaient des chaussures bien fermées ont pu y monter.
Petit jeu : qui est qui ?
A Gauche , Bohémond, à droite Laurent


Pendant ce temps, à l'ombre des dattiers, nous attendons patiemment nos Berbères du désert. A côté de nous, sur un petit pont fait en tronc de palmier, des femmes et leurs filles lavent à grands coups d'eau et de Tide de magnifiques tapis berbères. 
Elles n'ont pas tenu à être prises en photos . . . Dommage, mais Maman et ses filles auraient été à leur place, elles n'auraient pas aimé non plus !
Les filles, qui malgré l'ombre relativement fraîche des palmiers, cuisaient à petit feu seraient bien descendues dans le grand canal patauger avec elles !!


Ils sont pas beaux nos Berbères du désert ?!!!


Pour retrouver la voiture, nous repassons par le ksar



Vue sur le ksar depuis le toit terrasse de l'une des maisons



On ne saurait quitter Zagora sans poser devant le très fameux panneau 
Tombouctou  52 jours de chameaux



Nous avions trois Berbères du désert, il faut y ajouter une gazelle berbère en plus !
Vous la reconnaissez, c'est Ysoie ! Son petit nez est aussi rose que son foulard ! Le chaud soleil de la palmeraie a laissé quelques traces . . . et pas qu'à elle !!!

C'est comme la multiplication des petits pains ! 
Voilà trois ravissantes gazelles berbères du désert coiffées de leur  foulard berbère.







La principale artère de Zagora.

Ici, point trop de voitures, de mobylettes, de piétons, de passants.
Il faut juste dire qu'il est l'heure la plus torride de la journée et qu'il doit faire pas loin de 45°c !
Il faut être fou pour sortir à cette heure-là  !


En face de notre restaurant, le Marjana, une mosquée



Les brochettes nous ayant bien régalées, la Company est requinquée, mais il fait toujours aussi chaud.
Le Travel Book nous envoie maintenant vers Tamegroute, ses potiers et sa bibliothèque presqu'aussi précieuse que celle de Tombouctou.
Mais un vent de fatigue souffle dans les rangs de la Company qui ne rêve ni de potiers, ni de vieux manuscrits sur peau de gazelle du 12ème siècle, mais juste d'un . . . grand plongeon dans la piscine de l'hôtel Zaghro.
Papa et Maman se concertent.
Mieux vaut garder un bon souvenir de la matinée à Amazraou et regagner Tabount pour un plongeon bien frais dans la piscine, plutôt que de tout gâcher en voulant se rendre à Tamegroute . . . 
D'autant que la route du retour est longue. . .




Pause Oumès et Sidi Ali à Agdz.
La chaleur ne diminue pas, et l'eau de la voiture est imbuvable tellement elle est chaude. Sans doute devrions-nous mettre la clim, mais nous ne nous pouvons nous y résoudre. . .



Maman a enfin réussi à capturer sur la pellicule l'un de ces camions qui a doublé son chargement  !


Après un délicieux plongeon dans la piscine de l'hôtel, délicieux, mais rapide car étonnement, l'eau était presque trop fraîche !, nous nous avons retrouvé le Sable d'Or de notre ami Aziz.
A la fin du dîner, un musicien berbère est passé nous donner l'aubade avec son tahar. La Company a tapé dans ses mains, et les filles dansaient sur leurs chaises. Il n'en fallait pas plus au musicien pour nous plusieurs de ses airs, et encore une fois que chacune des filles est allée lui glisser la pièce !